Exodus
I wrote this years ago, on a different journey. It came back to me crossing a different kind of desert, at six knots.
I wrote this a few years ago when I was on a different journey. It came back to mind when crossing a different kind of desert at 6 knots.
Four hundred kilometers in forty years.
Ten kilometers per year, twenty-seven meters per day.
A march so slow, one forgets the direction.
And with the direction, the destination—still so far away.
And with the direction, slavery in Egypt
The crossing of the Red Sea
The sea closing in on Pharaoh’s chariots
The manna appearing on the stones.
The vast desert
An uninhabitable place, an uninhabited place.
A call to movement, to passage
A place of crossing that forbids stillness.
Advance one foot after the other, one step at a time.
Twenty-seven meters per day.
Two steps per hour, for one must try to sleep,
In the burning heat of day or the chill of night.
The desert, land of all mirages.
A furnace conjuring deceptive images by blending the elements,
A furnace conjuring deceptive images by blending emotions.
When physics and the spirit unite to confuse,
How reassuring the gleam and nearness of that metal calf.
Stopping on the side of the path to adore the beautiful image,
Forgetting the land of bondage we left behind
And the promise of a land flowing with milk and honey.
The desert, land of thirst.
A thirst that nothing ever quenches,
A fragile balance, an irreconcilable tension.
Life evaporating through every pore of my skin.
My life—fragile, rare, and precious—
The life you return to me
When I extend my hand to you
And you fill my empty cup with living water.
The desert, land of silence.
What is there to talk about?
The next step?
A trivial endeavor, ill-suited to chatter.
Choosing silence to dwell in silence,
To remember the land of servitude
And the promise of a land flowing with milk and honey.
To receive the word you give me:
“I remember, and I still hope.”
Original version
Quatre cent kilomètres en quarante ans.
Dix kilomètres par an, vingt sept mètres par jour.
Une marche si lente qu'on en oublie la direction.
Et avec la direction, la destination, si lointaine encore.
Et avec la direction, l'esclavage en Égypte,
La traversée de la Mer Rouge,
La mer qui se referme sur les chars de pharaon,
La mane qui pousse sur les pierres.
Le désert immense,
Lieu inhabitable, lieu inhabité.
Appel au mouvement, à la traversée,
Lieu de passage qui interdit l'arret.
Avancer un pied après l'autre, un pas a la fois.
Vingt sept mètres par jour.
Deux pas par heure car il faut essayer de dormir,
Dans la chaleur brûlante du jour ou la froideur de la nuit.
Le désert, lieu de tous les mirages.
Fournaise qui crée d'illusoires images en mélangeant les éléments,
Fournaise qui crée d'illusoires images en mélangeant les sentiments.
Quand la physique et l'esprit s'allient pour confondre,
Qu'ils sont rassurant l'eclat et la proximité de ce veau métallique.
S'arreter sur le bord du chemin pour adorer la belle image,
Oublier le pays de servitude qu'on a quitté
Et la promesse d'une terre ou coule le lait et le miel.
Le désert, lieu de la soif.
Soif que rien jamais n'etanche,
Equilibre précaire, tension irréconciliable.
La vie qui s'evapore par tous les pores de ma peau.
Ma vie fragile, rare et précieuse,
La vie que tu me rends
Lorsque je tends la main vers toi
Et que tu remplis d'eau vive mon verre vide.
Le désert, lieu du silence.
De quoi parler? Du prochain pas?
Dérisoire projet peu propice aux jacassements.
Choisir de se taire pour habiter le silence
Pour se souvenir du pays de servitude
Et de la promesse d'une terre ou coule le le lait et le miel.
Pour recevoir la parole que tu me donnes:
"Je me souviens et j'espère encore."